L’assemblée

Festival Les Urbaines, Lausanne, 2011

Présentée initialement à Bâle en mai 2011, la première configuration du projet a valu à Aurélien Gamboni un prix fédéral d’art. En décembre de la même année, il s’associe avec Sandrine Teixido, et tous deux traduisent la nouvelle en architecture fictive d’assemblée, réunissant les voix d’êtres de fiction et de sources récentes ou anciennes, par le biais d’une installation regroupant maquette, texte et dessins.

L’illustrateur juif allemand Fritz Eichenberg, le sociologue Norbert Elias et le théoricien des médias Marhsall McLuhan, notamment, se sont servi de la nouvelle d’Edgar Poe pour aborder des problématiques propres à leur époque, qu’il s’agisse de l’avènement du IIIe Reich, du risque d’escalade nucléaire pendant la Guerre Froide ou encore des défis posés par le «tourbillon de l’information électronique».

De façon plus intrigante encore, un certain nombre d’incidences biographiques semblent apparaître chez la plupart de ces auteurs, permettant de les rattacher au récit de Poe de façon bien plus personnelle, comme lorsque Norbert Elias se rend à un discours d’Hitler en 1933, dissimulant ses origines juives pour «approcher le maelström» et tenter de prendre la mesure du danger qui s’annonce. Jusqu’à l’institutrice Annie Taylor, première daredevil (cascadeuse) à avoir bravé les chutes du Niagara dans un tonneau, en 1902, et dont on pourrait soupçonner qu’elle s’était inspirée de la nouvelle de Poe.

Peuplant désormais cette nouvelle assemblée, ces «voix» gravitent autour du maelström et en appellent à de nouveaux récits.